Conducteurs éblouis : les phares LED, un nouveau danger ?

Avec la nuit qui tombe plus tôt, nous avons tous déjà croisé une voiture dont les phares LED blancs nous ont éblouis. Un phénomène de plus en plus présent sur les forums automobiles : des feux de croisement qui semblent éclairer comme des feux de route. Les phares LED seraient-ils un nouveau danger sur la route ?

Une luminosité trop forte ?

« J’ai l’impression que la voiture en face est en plein phare… mais en fait non. »

Une étude britannique menée auprès de 1 850 conducteurs révèle que l’éblouissement des phares est un problème important et répandu lors de la conduite de nuit.
Pourtant, l’intensité des feux répond à la norme internationale ECE R149, qui encadre les optiques LED, halogènes et laser.
Problème : cette norme ne mesure pas la luminance perçue (en candelas), c’est pourtant ce paramètre qui détermine la gêne réelle ressentie par un conducteur.

Autrement dit : les phares LED sont conformes, mais pas forcément confortables.

Un mauvais réglage des feux : la vraie cause

Le Code de la route (article R313-3) interdit d’éblouir les autres usagers. Les feux de croisement — les fameux « codes » — ne doivent pas aveugler et doivent éclairer à au moins 30 mètres.

Mais avec les optiques LED, plus puissantes et plus blanches, tout défaut de réglage devient plus visible.
Dans la majorité des cas, l’éblouissement provient de :

  • une inclinaison incorrecte des optiques,
  • une charge importante à l’arrière, qui relève l’avant du véhicule,
  • une suspension usée,
  • ou un réglage automatique défaillant.

Un simple ajustement manuel, que beaucoup de conducteurs oublient de faire, suffit pourtant à réduire la gêne.

Les phares LED impactent davantage votre portefeuille que les statistiques d’accidents

Contrairement à la sensation de danger ressentie par les automobilistes, l’éblouissement des phares n’est impliqué que dans une portion infime des accidents nocturnes.
D’après l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS), il n’y a aucune hausse significative des accidents liée aux optiques dans les dix dernières années.

En revanche, l’arrivée massive des phares LED fait grimper… le coût des réparations. Nous avons pris deux véhicules de la gamme Citroën comme exemple :

  • Optique de Citroën C4 (année 2009) : 390 €
  • Optique de Citroën C4 (année 2022) : 1020 €

Le prix peut doubler, voire tripler selon les modèles, notamment lorsque les optiques intègrent des modules adaptatifs.

Du changement pour 2026 ?

Face à la multiplication des plaintes et aux retours d’expérience des conducteurs, les phares LED sont désormais au centre des discussions européennes. Les réglementations actuelles — conçues bien avant l’arrivée des optiques haute performance — pourraient devenir obsolètes.

Les constructeurs s’adaptent déjà en équipant certains modèles de phares adaptatifs : de véritables feux « intelligents » capables d’ajuster automatiquement le faisceau lumineux pour éviter d’éblouir.

Côté réglementation, la France pourrait faire évoluer ses normes d’ici 2026 afin d’harmoniser sécurité, confort visuel et coûts pour les automobilistes.

 

Le rôle de chaque conducteur

Nous privilégions souvent notre propre visibilité, parfois au détriment des automobilistes qui arrivent en face. Pourtant, une partie de la solution est entre nos mains.

Quelques gestes simples :

  • vérifier régulièrement le réglage manuel des phares,
  • adapter l’inclinaison en fonction de la charge du véhicule,
  • contrôler l’état des amortisseurs,
  • nettoyer les optiques pour éviter la dispersion de lumière.

Soyons solidaires et responsables : un bon réglage, c’est plus de sécurité pour tous.